- Des ateliers à taille humaine où le trait se fait signature individuelle
- Une diversité de styles, du blackwork raffiné au motif néo-trad, en passant par la ligne fine et la couleur saturée
- Des tatoueurs-ancrés dans leur quartier, attentifs au détail, à l’écoute, sans tape-à-l’œil inutile
- Une culture locale, où chaque tatoueur revendique sa liberté face aux tendances éphémères
- Des lieux pensés pour accueillir, questionner, raconter : la démarche avant la performance
1. Hand In Glove Tattoo – L’esprit atelier, le sens du trait
Installé sur la discrète avenue Jean Jaurès, Hand In Glove, c’est tout sauf une chaîne. Le studio, ouvert en 2016, s’est creusé une solide réputation auprès des amateurs de traits nets et d’imaginaires urbains. Derrière la verrière un peu brute, l’espace mélange mobilier industriel, lumières tamisées, et une table à dessin qui ne prend jamais la poussière.
Ici, le fondateur, Julien G., s’est entouré d’une équipe solide, chacun avec une patte singulière : du blackwork aux motifs inspiration japonaise, en passant par les compositions abstraites. Leur force ? La capacité à ralentir le temps, à discuter le motif, à refuser les copier-coller. Nous avons observé la précision du calque, l’assurance du trait, la posture attentive du tatoueur même sur les projets les plus modestes. Sur Instagram, ce sont surtout des clients réguliers qui partagent le résultat et témoignent d’un suivi sur la cicatrisation.
- Adresse : 180 avenue Jean Jaurès
- Spécialité : Blackwork, minimalisme détaillé, lettrage
- Ambiance : Atelier d’artiste, confidentiel, peu de passage en vitrine
- Atouts : Accompagnement sincère, technique irréprochable sur le trait fin
Sources : Inspections sur place, compte Instagram HandInGlove, avis Google.
2. The Tattoorialist Studio – La fusion du graphisme et de l’encre
Né d’un projet photographique (Le Tattoorialist, 2012), le studio éponyme façonne un espace où le motif n’est jamais laissé au hasard. Il n’y a pas de style figé ici : c’est la logique du dessin, la recherche d’un équilibre sur la peau, qui prime. Le studio accueille régulièrement des guest-artists, et la sélection est exigeante.
L’équipe permanente, dont l’instigateur Nicolas Brulez, maîtrise la ligne simple, le noir profond, les aplats nets. Mais ce sont surtout les compositions graphiques, parfois influencées par la culture skate ou les codes du documentaire photo, qui frappent. On y croise des personnes venues pour la pureté du geste, l’artisanat du tatouage, loin d’un effet de mode.
- Adresse : 28 rue de l’Ourcq
- Spécialité : Ligne graphique, minimal, motifs illustratifs
- Ambiance : Studio lumineux, inspiration galeries d’art contemporain
- Atouts : Esprit collectif, ouverture sur des collaborations extérieures
Sources : Le Monde, interview Nicolas Brulez, tattoos visibles sur Instagram.
3. Bison Barbershop & Tattoo – Le croisement barber et tattoo
À deux pas du canal de l’Ourcq, Bison, c’est l’union rare – mais pas artificielle – entre barber parigote et studio tattoo. La boutique joue sur deux registres : à l’avant, fauteuils et miroirs, conversations entre clients autour de la barbe ou du taper fade ; à l’arrière, l’espace tattoo, séparé, presque enclavé, où l’on retrouve Lionel et son équipe.
Bison revendique le tatouage « à l’ancienne », inspiré par l’iconographie américaine trad-old school, mais toujours revisité pour chaque projet. Le trait épais, le noir saturé, la couleur franche – tout est réfléchi, chaque flash réadapté. L’accueil est franc, professionnel, sans jugement ni simulation d’amitié. C’est un lieu pour celles et ceux qui savent ce qu’ils veulent, mais qui apprécient le regard aguerri sur leur projet.
- Adresse : 2 rue de l’Ourcq
- Spécialité : Old school réinterprété, néo-trad, stacking (tatouage en « patchwork » sur bras et jambes)
- Ambiance : Salon vivant, énergie barber, pas de chichis
- Atouts : Respect du motif personnalisé, gestion sérieuse de l’hygiène
Sources : Le Bonbon, Bison Barbershop (site officiel), retours clients sur Mapstr.
4. Pain & Ink – Entre symbolisme brut et esthétique contemporaine
Coincé entre les tours neuves du nord du 19e et les rives du canal, Pain & Ink frappe d’abord par son nom, qui résume l’état d’esprit maison : ici, l’encre n’est jamais anodine, le passage sous l’aiguille est un geste réfléchi, presque initiatique. Le décor joue la carte brute : béton, bois, silence relatif. Le staff, rarement plus de deux artistes, privilégie la relation exclusive avec chaque client.
Le style Pain & Ink oscille entre motifs géométriques, écriture narrative et symboles revisités. Les volumes, le positionnement sur le corps font l’objet de vraies recherches. C’est aussi un studio où la cicatrisation fait partie de la démarche, avec un accompagnement rare avant et après le passage en cabine.
- Adresse : 13 rue des Ardennes
- Spécialité : Symbolisme graphique, géométrie, couleur mesurée
- Ambiance : Atelier presque silencieux, accueil sur rendez-vous
- Atouts : Écoute, vision adaptée au corporel, conseils personnalisés longue durée
Sources : Pain & Ink (site, réseaux sociaux), interviews sur Inked Magazine.
5. La Veine Graphique – L’école de la ligne fine et du dessin vivant
Plus discrète, plus jeune sur la scène, La Veine Graphique travaille la ligne fine avec minutie et convainc une clientèle fidèle qui vient du 19e et d’ailleurs. Le décor évoque l’atelier de dessin, mais la technique s’illustre par une maîtrise de la profondeur, du dégradé, du travail d’ombrage sur de petites et moyennes pièces.
Les deux tatoueurs en résidence oscillent entre inspiration botanique, portraits stylisés, et lettrage poétique. Ce qui distingue La Veine Graphique, c’est ce goût pour l’intime, le geste doucement assuré, la capacité à traiter chaque peau, chaque projet, comme un échange, respectueux, jamais surjoué.
- Adresse : 12 rue de la Villette
- Spécialité : Fine line, tatouage botanique, micro-réalisme
- Ambiance : Atelier lumineux, murs tapissés de croquis
- Atouts : Détail sur la cicatrisation, respect absolu du rythme du client
Sources : Instagram officiel, interviews My Little Paris.
Quelques clés pour choisir son tatoueur dans le 19e
Le 19e arrondissement n’a rien d’un territoire figé. Les adresses s’y renouvellent plus vite qu’ailleurs. Raison de plus pour rappeler quelques points essentiels :
- Privilégier l’échange en amont : on observe, on pose des questions, on mesure l’écoute.
- Se méfier des studios multi-services qui n’offrent aucune spécialisation du geste.
- Étudier la cicatrisation des réalisations passées (photos non retouchées, témoignages clients).
- Choisir une écriture qui résonne avec la sienne, pas une tendance.
- Ne pas hésiter à demander à voir le matériel, les encres, à questionner sur l’entretien post-séance.
Le vrai critère : la liberté du tatoueur. Son regard sur le projet. La souplesse de son trait. Dans un arrondissement où l’exigence prime, le tattoo s’écrit d’abord comme une histoire.
La scène tatouage du 19e : entre tradition et renouvellement
Le 19e arrondissement est un laboratoire. Dans ces rues où le hip-hop croise les disques vinyle d’un autre temps, où les cultures s’hybrident, la scène tatouage reste une affaire humaine. Ici, le style s’acquiert, la confiance se mérite. Cinq enseignes, cinq signatures, mais une même dynamique : celle de la créativité artisanale, exigeante, loin du défilé de mode, près de la peau.
Pour celles et ceux qui ne veulent pas feindre. On tatoue pour de bon, dans la fidélité à soi. Le reste, c’est du bruit.
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